Au début du mois de septembre, j’ai eu la chance de rejoindre mon amie iconographe Isabelle Doucas dans la paroisse de St Pierre de Montmartre, où elle réalise de grandes icônes sur le thème de la Théophanie, du grec θεός (Theo) « Dieu », et φάνεια (phaneia) « manifestation ». Dieu se manifeste, se révèle à l’homme du baptême du Christ jusqu’au lavement des pieds.
De grands panneaux de bois sont installés dans une salle paroissiale, c’est un travail collectif proposé aux élèves de l’atelier d’iconographie de la paroisse St Pierre, et également proposé aux paroissiens.
Ci-dessous, l’église St Pierre se distingue sur la gauche de la grande basilique du Sacré-Coeur, et son entrée se situe du côté de la place du Tertre. Cette église construite au XIIème siècle est l’une des plus anciennes de Paris.
Deux grands panneaux de bois de plus de 2 mètres de hauteur sont installés dans une salle du presbytère à droite de l’église.
Ce chantier a commencé il y a un an, et se poursuit jusqu’en juin 2027.
Le premier panneau (5 x 2.35 mètres) est un triptyque représentant à gauche l’icône de l’Annonciation, au milieu l’icône du Baptême du Christ, et à droite celle de la Visitation :
Le deuxième panneau (3.12 x 2.12 mètres) représente le lavement des pieds :
Après un temps de prières commun, les iconographes se lancent pour appliquer une fine couche légère sur les couleurs de fond, appelés en iconographie des proplasmes. Il y aura plusieurs couches superposés, qui progressivement, vont donner une unité de couleurs « vivantes ».
Peinture à la tempéra (jaune d’oeuf et pigments en poudre)
Ce travail collectif demande aussi un certain « lâcher prise » car ce n’est pas la même personne qui poursuit le travail commencé.
Voici le lien pour plus d’informations sur les icônes de la Théophanie de l’église Saint Pierre :
https://www.icones-st-pierre-de-montmartre.com/
Une belle surprise m’attendait, les reliques de Sainte Thérèse de Lisieux, abritées par l’église en souvenir de son passage lors de son pèlerinage au Sacré-cœur de Montmartre avant son départ pour Rome :
En quittant le parvis de l’église St Pierre, on se trouve du côté de la place du Tertre, autre lieu d’expression artistique
Un complément pour les passionnés d’histoire
Commencée en 1133, la construction de l’église St Pierre se termine en 1147. L’église est consacrée par le pape Eugène III, cistercien, assisté de saint Bernard de Clairvaux et de Pierre le Vénérable, abbé de Cluny. Sont présents le roi Louis VII le Jeune et sa mère, la reine Adélaïde de Savoie. Pendant plus de six siècles, elle fut à la fois église paroissiale et église abbatiale du monastère royal des Religieuses bénédictines de Montmartre, jusqu’en 1686.
Au milieu du XVIIIème siècle, la façade romane très dégradée n’a pas été restaurée à l’identique, mais démolie et remplacée par une façade neuve d’architecture classique.
Au lendemain de la défaite militaire de 1870 face à la Prusse et après les tragiques événements de la Commune de Paris en 1871, des citoyens catholiques et l’Assemblée nationale décident de construire la basilique du Sacré-Cœur à titre d’acte d’expiation et de relèvement national. La colline de Montmartre est choisie pour son panorama exceptionnel sur la capitale et pour le symbole du martyre chrétien « Mons Martyrum ».
L’Assemblée nationale, à majorité catholique conservatrice, déclara la construction du Sacré-Cœur d’« utilité publique » par la loi du 24 juillet 1873.
La construction de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre s’est déroulée de 1875 à 1914. L’église Saint-Pierre à proximité, même si elle avait été restaurée un siècle plus tôt, était trop petite pour accueillir le sanctuaire national et les nombreux pèlerins.
Photo de l’église St Pierre prise du clocher de la basilique du Sacré-Coeur